REPORTAGE - COMPTE-RENDU
CONFERENCE SYNODALE
du Père Laurent Villemin
Mardi 14 Mai 2008

La première phase de notre synode diocésain s'est achevé il y a près de deux semaines. C'est dans ce contexte que le Père Laurent Villemin, prêtre au diocèse
de Verdun, est venu au Cimem-Lochabair nous parler de son expérience recueillie dans les synodes qu'il a accompagnés et suivis. Nous étions une centaine, venus de tout le bassin cannois,
uniquement laïques ou religieux, et en présence de Mgr Jean-Louis Balsa, secrétaire du bureau du synode, et du Père Paul Chalard, curé de la paroisse Saint-Vincent de Lérins et membre du bureau
du synode.
Sa réflexion a tenu sur trois points essentiels : qu'est-ce qu'un synode ? Ce que l'on peut attendre d'un synode ? et comment faire synode ?
1/ Comme nous le savons depuis quelques temps maintenant, le synode veut dire "ensemble, avec" et "marcher, faire route, cheminer", donc "une marche ensemble qui conduit à un
rassemblement".
Un synode se divise en différentes phases (des équipes, des assemblées, des rassemblements liturgiques, l'étude de la parole...). C'est une façon de vivre l'Eglise, de prier, de se
rencontrer.
Jean-Paul II, à l'ouverture du synode du Diocèse de Rome dont il est l'évêque, a proclamé notamment qu'un synode est une grande école non théorique, mais pratique... qu'il s'agit de
l'écclesiologie de communion (l'Ecclesiologie étant la théologie de l'Eglise).
C'est ce qu'on appelle la Spiritualité du chemin => la marche, la rencontre de l'autre marcheur, et admirer ce qui nous entoure. L'essentiel est de rencontrer l'autre, de discuter, de se
confronter.
Il ne faut pas sans cesse se demander à quoi sert un synode, être obsédé du résultat, mais plutôt la manière dont on y va !
Le Père Villemin affirme qu'il faut avoir du courage pour ouvrir un synode car c'est risquer la division. Les prêtres, garants de l'unité de l'Eglise, risquent la division, car en donnant la
parole, on ne sait pas ce qu'il peut se passer.
Il faut donc, tous ensemble, travailler à l'élaboration d'une parole commune où chacun doit mettre du sien pour y arriver, en faisant preuve de respect, d'humilité, de pauvreté, d'écoute... il
faut savoir accepter, accueillir, donner, recevoir... et c'est un fait : on ne pourra pas faire l'économie de ces conflits ! L'Eglise sera "jugée" sur la manière dont elle gère ces conflits (à
l'image des conflits Pierre/Paul dans les Actes des Apôtres)
Un synode est donc une concentration de la vie en Eglise : toujours se mettre en marche, et faire l'expérience de la communion en Dieu.
2/ Quels sont les fruits que l'on peut attendre d'un synode ?
Les fruits seront exposés avec les lois synodales. Les assemblées synodales participeront au gouvernement de l'Evêque, qui promulguera les décisions. C'est exceptionnel de pouvoir participer
d'une façon ou d'une autre à ce gouvernement. Ce qui met en lumière la responsabilité de chacun.
D'autre part, il s'agit d'un événement de conversion à l'image de Saint Paul. Le plus important n'est finalement pas les textes qui en découleront, mais tout ce que l'on vit à travers un synode.
Pour certains, c'est un événement qui entrainera un changement de vision spirituel et profond. Il faut regarder en soit le mystère de la Trinité avant de parler, mais aussi regarder l'autre en
pensant qu'il fait la même expérience interieure, et partager cette expérience.
Il s'agit aussi d'un lieu d'apprentissage, de communion (la rencontre avec le frère).
Enfin, un synode, c'est l'image de l'Eglise qui est donnée. C'est un moment extraordinaire donné par Dieu à son Eglise. On se laisse voir comme le peuple de Dieu, avec l'étonnante diversité de la
Parole de Dieu et qui assume les dons faits aux peuples toujours en chemin.
3/ Un synode, une démocratie ? L'Eglise n'est ni monarchique, ni démocratique, c'est la seule Parole de Dieu qui est souveraine.
Vous l'aurez compris au travers de ces lignes, le Père Villemin affirme donc que le Synode est une manière de vivre en Eglise. Et de manière intensive, d'ouverture de l'ouïe et de son coeur à
l'Eglise de Dieu.
Un dernier conseil pour les assemblées et les groupes qui se reconstitueront à l'automne pour étudier les propositions du bureau : prendre du
recul, des temps de silence.
Quelques remarques fuseront sur l'assemblée quant au manque de communication qui a été constaté autour de ce synode, beaucoup de gens n'ont pas été
interpellés, et se réveillent trop tard. En revanche, certaines équipes ont permis à des croyants non pratiquants de redécouvrir l'Eglise et demandent maintenant à poursuivre le chemin, ce qui
est déjà une victoire pour le synode. D'autres témoignages prouveront que la communion est présente à travers ce synode, et l'on souhaite que ce travail perdure, même en dehors du cadre synodal.
A nous de jouer.